Les produits cosmétiques les plus vendus en Arabie saoudite sont, d’après les importations du royaume, les soins de la peau (crèmes, sérums, solaires), puis les parfums, les soins capillaires et les déodorants. En 2025, l’Arabie saoudite a importé 2,51 milliards de dollars de cosmétiques finis, dont 43 % de soins de la peau et de maquillage, selon UN Comtrade.
L’essentiel en bref
- Importations saoudiennes de cosmétiques finis : 2,11 milliards de dollars en 2019, 2,51 milliards en 2025 (+19 %).
- Le soin de la peau (SH 3304.99) arrive en tête : 800 millions de dollars en 2025, près d’un tiers du total.
- Le parfum domine les ventes au détail (2,9 milliards de dollars), mais n’est que deuxième en importations.
- France et Émirats fournissent plus d’un tiers des importations ; la Corée du Sud passe du 19e au 7e rang.
- Chaque produit doit être notifié à la SFDA par un importateur local.
Pourquoi mesurer les ventes par les importations ?
Les importations sont le meilleur indicateur public des cosmétiques vendus en Arabie saoudite, car aucune statistique officielle ne détaille les ventes au détail par produit. Nous avons extrait les déclarations saoudiennes de la base UN Comtrade des Nations unies pour 2019 et 2025, sur le seul périmètre des produits finis (matières premières exclues).
Le Système harmonisé (SH) est la nomenclature douanière internationale qui classe chaque marchandise par un code à 4 ou 6 chiffres ; le chapitre 33 regroupe parfums et cosmétiques. Les valeurs sont CAF (coût, assurance et fret jusqu’à la frontière), hors marges et taxes. Limite : ces données ne voient pas la production locale, puisque le royaume compte aussi des fabricants agréés par la SFDA.
Quels sont les produits cosmétiques les plus vendus en Arabie saoudite ?
Au niveau le plus fin publié par les douanes (codes SH à 6 chiffres), le top 10 des cosmétiques importés par le royaume est dominé par les soins de la peau, devant les parfums et les soins capillaires.
| Rang | Produit (code SH) | 2019 (M$) | 2025 (M$) | Évolution |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Soins de la peau : crèmes, sérums, solaires (3304.99) | 464 | 800 | +72 % |
| 2 | Parfums et eaux de toilette (3303) | 473 | 533 | +13 % |
| 3 | Soins capillaires hors shampooing : masques, huiles, colorations (3305.90) | 173 | 212 | +22 % |
| 4 | Déodorants et antitranspirants (3307.20) | 89 | 135 | +53 % |
| 5 | Shampooings (3305.10) | 152 | 126 | −17 % |
| 6 | Nettoyants liquides, gels douche (3401.30) | 83 | 105 | +26 % |
| 7 | Maquillage des lèvres (3304.10) | 57 | 102 | +79 % |
| 8 | Dentifrices (3306.10) | 124 | 84 | −32 % |
| 9 | Maquillage des yeux (3304.20) | 56 | 70 | +24 % |
| 10 | Poudres, y compris compactes (3304.91) | 60 | 69 | +15 % |
Le soin de la peau a gagné 336 millions de dollars en six ans, davantage que la hausse nette de toutes les autres lignes réunies. L’hygiène de masse recule : dentifrices (−32 %), shampooings (−17 %), savons de toilette (de 143 à 67 millions). Une production régionale accrue pourrait l’expliquer, sans que les données douanières permettent de le confirmer.
Le maquillage des lèvres bondit de 79 %, les produits pour ongles reculent (de 50 à 34 millions). La primauté du soin rejoint le classement des cosmétiques les plus vendus en France, où le soin du visage arrive aussi en tête.
Comment le marché cosmétique saoudien a-t-il évolué depuis 2019 ?
Le marché cosmétique de l’Arabie saoudite s’est recentré sur le soin : les soins de la peau et le maquillage sont passés de 33 % à 43 % des importations de produits finis entre 2019 et 2025. Les autres familles perdent des parts.
| Catégorie (code SH) | 2019 (M$) | Part 2019 | 2025 (M$) | Part 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Soins de la peau et maquillage (3304) | 687 | 33 % | 1 074 | 43 % |
| Parfums et eaux de toilette (3303) | 473 | 22 % | 533 | 21 % |
| Produits capillaires (3305) | 344 | 16 % | 351 | 14 % |
| Déodorants, rasage, bain, parfums d’ambiance (3307) | 233 | 11 % | 260 | 10 % |
| Hygiène bucco-dentaire (3306) | 143 | 7 % | 118 | 5 % |
| Nettoyants liquides pour la peau (3401.30) | 83 | 4 % | 105 | 4 % |
| Savons de toilette (3401.11) | 143 | 7 % | 67 | 3 % |
| Total cosmétiques finis | 2 105 | 100 % | 2 507 | 100 % |
Selon les rapports annuels de l’Autorité générale des statistiques saoudienne (GASTAT), les importations du chapitre 33 sont passées de 7 176 millions de riyals en 2021 à 10 997 millions en 2025, soit 2,93 milliards de dollars (+53 %). Ce total inclut aussi les huiles essentielles, d’où un montant supérieur au nôtre.
Pourquoi le parfum domine-t-il les ventes mais pas les importations ?
Le parfum est la première catégorie de beauté en ventes au détail en Arabie saoudite, mais seulement la deuxième en importations : sa valeur en douane est très inférieure à son prix en boutique, et une partie de l’offre est produite dans le Golfe.
D’après la fiche marché cosmétiques de Team France Export, qui cite Euromonitor International parmi ses sources, les ventes saoudiennes ont progressé de 8 % en 2025. Le marché y valorise les formules adaptées au climat : légères, résistantes à la chaleur, à longue tenue.
| Catégorie | Ventes au détail 2025 (Team France Export) | Importations CAF 2025 (UN Comtrade) |
|---|---|---|
| Parfums | 2,9 Md$ | 0,53 Md$ |
| Soins capillaires | 1,14 Md$ | 0,35 Md$ |
| Soins de la peau | 1,12 Md$ | 0,80 Md$ (3304.99) |
| Maquillage | 0,87 Md$ | 0,27 Md$ (lèvres, yeux, ongles, poudres) |
L’écart est maximal pour le parfum. La production régionale l’explique en partie : en 2025, les Émirats exportent 4,06 milliards de dollars de produits du chapitre 33 fabriqués sur place. Pour une marque étrangère, le soin de la peau est la catégorie où l’importation pèse le plus dans la consommation.
Quels pays fournissent les cosmétiques vendus en Arabie saoudite ?
La France est le premier fournisseur de cosmétiques finis de l’Arabie saoudite en 2025, avec 481 millions de dollars, devant les Émirats arabes unis (436 millions), l’inverse de 2019.
| Rang 2025 | Pays fournisseur | 2019 (M$) | 2025 (M$) | Part 2025 |
|---|---|---|---|---|
| 1 | France | 414 | 481 | 19,2 % |
| 2 | Émirats arabes unis | 441 | 436 | 17,4 % |
| 3 | Italie | 123 | 212 | 8,4 % |
| 4 | États-Unis | 136 | 159 | 6,3 % |
| 5 | Chine | 61 | 156 | 6,2 % |
| 6 | Allemagne | 137 | 118 | 4,7 % |
| 7 | Corée du Sud | 19 | 114 | 4,5 % |
| 8 | Espagne | 62 | 106 | 4,2 % |
| 9 | Égypte | 112 | 102 | 4,1 % |
| 10 | Inde | 67 | 77 | 3,1 % |
La France vend surtout du parfum (254 millions, près de la moitié des parfums importés). L’Italie a presque doublé ses ventes, surtout en soin et maquillage. Les Émirats dominent capillaires, déodorants et savons.
La Corée du Sud signe la plus forte progression : de 18,7 à 113,8 millions de dollars (×6,1), dont 104,6 millions en soin et maquillage, soit près de 10 % du segment 3304. La Chine multiplie ses ventes par 2,5 ; le Royaume-Uni recule de 118 à 70 millions.
Quel rôle jouent les Émirats dans le marché beauté du Golfe ?
Les Émirats sont à la fois le deuxième fournisseur de l’Arabie saoudite et la plateforme de réexportation du Golfe. La réexportation est la revente à l’étranger de marchandises importées, sans transformation substantielle.
D’après UAE.Stat, le portail statistique fédéral émirati (FCSC), les Émirats ont importé 5,68 milliards de dollars de produits du chapitre 33 en 2025 et en ont réexporté 4,59 milliards (81 %). Leurs exportations de produits fabriqués sur place ont presque décuplé depuis 2017.
Deux portes d’entrée existent donc : un importateur saoudien en direct, ou un distributeur émirati couvrant plusieurs pays. Une partie des produits attribués aux Émirats peut d’ailleurs avoir été fabriquée ailleurs.
Que faut-il pour vendre des cosmétiques en Arabie saoudite ?
Pour vendre un cosmétique en Arabie saoudite, il faut le notifier à l’autorité sanitaire (SFDA) via un importateur local agréé, avec un étiquetage conforme et un dossier technique complet. La notification se fait aujourd’hui sur Ghad, le système électronique unifié de la SFDA, qui a remplacé l’ancienne plateforme eCosma.
La SFDA a rendu cette notification obligatoire par étapes, de 2015 (hygiène bucco-dentaire) à 2016 (soins de la peau), comme l’indique son communiqué sur l’enregistrement électronique des cosmétiques ; les produits notifiés figurent dans sa liste publique des cosmétiques. Les étapes :
- Choisir la catégorie et le canal. Le soin est le segment le plus dynamique et le plus concurrentiel : visez un besoin précis (chaleur, peau grasse, solaire).
- Trouver un importateur local. La notification est déposée par une société établie dans le royaume et agréée par la SFDA.
- Constituer le dossier produit. Formule en noms INCI, évaluation de la sécurité, certificat de bonnes pratiques de fabrication (ISO 22716), certificat de libre vente.
- Adapter l’étiquette. Selon l’administration américaine du commerce (ITA), l’étiquette indique notamment fonction, composants, lot, origine et précautions ; la SFDA peut exiger l’arabe.
- Supprimer les mentions régionales. Une circulaire de la SFDA du 14 février 2025, relayée par l’ITA, interdit les mentions du type « For Export Only » ou « édition marché européen » sur les étiquettes.
- Préparer chaque expédition. Au passage en douane, l’importateur présente les numéros de notification et les certificats de conformité demandés pour chaque lot.
Pour les exigences communes aux six pays, voyez notre guide pour exporter des cosmétiques vers les pays du CCG. Si la formule vise aussi l’Europe, un même socle documentaire peut servir : c’est l’objet de notre accompagnement réglementaire et constitution du dossier produit.
Le point de vue du fabricant : quelle gamme pour le marché saoudien ?
Pour une marque qui vise l’Arabie saoudite, les données invitent à commencer par le soin de la peau, segment le plus importé et le plus dynamique, et à concevoir la gamme pour le climat et l’étiquetage local dès la formulation.
Chez Carmel Cosmetics Labs (ISO 22716 et ISO 9001, plus de 500 marques accompagnées dans plus de 35 pays), voici ce que nous conseillons de verrouiller avant un projet pour le Golfe :
- Des textures pensées pour la chaleur : gels-crèmes, fluides, sérums légers, stabilité testée à température élevée.
- Une liste d’ingrédients vérifiée tôt contre le référentiel du Golfe (norme GSO 1943 citée par la SFDA).
- Un étiquetage bilingue prévu dès le design, sans mention réservée à un autre marché.
- Des actifs différenciants : face à la K-beauty et aux marques européennes, l’huile d’argan, la figue de barbarie ou l’eau de rose offrent un récit d’origine fort.
- Un dossier documentaire complet : certificats BPF, formule INCI, évaluation de sécurité.
Le Maroc reste un petit fournisseur, mais progresse vite : de 1,7 à 7,6 millions de dollars entre 2019 et 2025, du 42e au 29e rang (détails dans notre bilan 2025 des échanges cosmétiques Maroc-Moyen-Orient). À comparer avec ce qui se vend le mieux au Maroc en 2026.
Cette montée du soin suit les grandes tendances beauté de 2026 et le succès des dermocosmétiques les plus vendus en Europe.
Questions fréquentes
Quel est le cosmétique le plus importé par l’Arabie saoudite ?
Le soin de la peau. La sous-position douanière 3304.99 (crèmes, sérums, solaires et autres préparations pour la peau) a pesé 800 millions de dollars d’importations en 2025, selon UN Comtrade, soit près d’un tiers des cosmétiques finis importés, loin devant les parfums (533 millions).
Quelle est la taille du marché cosmétique en Arabie saoudite ?
En ventes au détail, parfums, soins capillaires, soins de la peau et maquillage dépassent ensemble 6 milliards de dollars en 2025, d’après Team France Export, avec une croissance de 8 %. À la frontière, le royaume a importé 2,51 milliards de dollars de cosmétiques finis la même année.
La K-beauty se vend-elle en Arabie saoudite ?
Oui, de plus en plus. Les importations saoudiennes de cosmétiques coréens ont été multipliées par 6,1 entre 2019 et 2025, jusqu’à 113,8 millions de dollars. La Corée du Sud est passée du 19e au 7e rang des fournisseurs, presque uniquement grâce au soin et au maquillage.
Faut-il passer par les Émirats pour vendre en Arabie saoudite ?
Non. La notification à la SFDA est déposée par une société établie en Arabie saoudite, qui peut être votre importateur direct. Un distributeur émirati reste utile pour couvrir plusieurs pays du Golfe à la fois, puisque les Émirats réexportent l’équivalent de 81 % de leurs importations du chapitre 33.
Les étiquettes doivent-elles être en arabe ?
La SFDA peut exiger l’arabe pour l’étiquetage. Prévoir d’emblée une étiquette bilingue arabe-anglais évite de refaire le packaging. Depuis une circulaire de février 2025, les mentions réservant un produit à un autre marché, comme « For Export Only », sont interdites.
Conclusion : le soin de la peau, porte d’entrée du royaume
Vus par les importations, les produits cosmétiques les plus vendus en Arabie saoudite sont d’abord les soins de la peau, puis les parfums et les soins capillaires. Le marché se recentre sur le soin et exige une conformité rigoureuse auprès de la SFDA.
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Méthodologie : UN Comtrade, déclarant Arabie saoudite, extraction du 17 octobre 2026, dollars courants CAF. Périmètre : SH 3303 à 3307, 3401.11 et 3401.30. Partenaire = pays d’origine déclaré. Conversions : 3,75 riyals et 3,6725 dirhams pour un dollar.


















































