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Acide tranexamique en cosmétique : rôle, dosages et formulation

L’acide tranexamique est utilisé dans les soins pour un teint plus uniforme. INCI, statut CosIng, dosages étudiés, associations et règles pour formuler un sérum conforme.
Par Mohamed El Hjouji, fondateur de Carmel Cosmetics Labs ·
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Une femme applique une goutte de sérum à l'acide tranexamique sur sa pommette, un bécher de poudre blanche en arrière-plan
Sommaire

    L’acide tranexamique est un dérivé synthétique de la lysine, utilisé en cosmétique dans des soins qui visent un teint plus uniforme et une apparence atténuée des taches. Inscrit sous l’INCI Tranexamic Acid, il est hydrosoluble, se formule surtout en sérum et est souvent dosé de 2 à 5 % dans les essais topiques publiés.

    Acide tranexamique en cosmétique : l’essentiel

    • Définition : une molécule de synthèse proche de la lysine, connue d’abord comme médicament antifibrinolytique, et aussi enregistrée comme ingrédient cosmétique dans la base européenne CosIng.
    • Rôle cosmétique : contribuer à un teint plus uniforme et atténuer l’apparence des taches, sans aucune promesse thérapeutique.
    • Dosages étudiés : 2 à 5 % dans la plupart des essais topiques recensés par les revues récentes.
    • Point de vigilance : les essais publiés relèvent surtout de la dermatologie (voie orale, injections, protocoles médicaux) et ne se transposent pas en allégation cosmétique.

    Qu’est-ce que l’acide tranexamique ?

    L’acide tranexamique est un analogue synthétique de la lysine, un acide aminé. Une revue publiée en 2020 dans Clinical and Molecular Allergy le décrit comme « un analogue synthétique de la lysine, bien connu comme agent antifibrinolytique ». En médecine, il sert à limiter certains saignements. Cette origine pharmaceutique explique pourquoi le sujet des allégations doit être abordé avec rigueur.

    Un agent antifibrinolytique est une substance qui freine la dégradation de la fibrine, la protéine qui stabilise un caillot sanguin. Ce rôle n’a rien de cosmétique : c’est un mécanisme lié à la plasmine qui intéresse les formulateurs. La plasmine est une enzyme issue du plasminogène, connue pour dissoudre les caillots, qui intervient aussi dans la peau.

    Portée par la demande de soins pour le teint, la molécule se retrouve en cosmétique dans des sérums et des crèmes de jour, comme le montre notre sélection des ingrédients tendance de 2026.

    Quel est le nom INCI et le statut réglementaire de l’acide tranexamique ?

    Le nom INCI de l’acide tranexamique est Tranexamic Acid (CAS 1197-18-8). La base européenne CosIng le référence (fiche 80291) avec les fonctions « astringent » et « skin conditioning » (entretien de la peau), sans aucune entrée dans les annexes de substances interdites ou restreintes du Règlement (CE) n° 1223/2009, ni concentration maximale fixée. Pour retrouver le nom INCI d’autres matières premières, consultez notre glossaire des ingrédients.

    CosIng est la base de données de la Commission européenne qui recense les ingrédients cosmétiques et leurs restrictions ; elle est informative, et seule l’évaluation de la sécurité du produit fini fait foi.

    Sur le plan réglementaire, le point clé est la frontière entre cosmétique et médicament. Le Règlement (CE) n° 1223/2009 définit le produit cosmétique par sa finalité : nettoyer, parfumer, modifier l’aspect, protéger ou maintenir la peau en bon état. Un produit qui revendique une action sur une affection cutanée sort de ce cadre : un sérum à l’acide tranexamique peut donc revendiquer un teint plus uniforme, mais pas une action sur une pathologie pigmentaire.

    Au Maroc, la mise sur le marché d’un cosmétique passe par l’AMMPS : les détails figurent dans notre guide de l’enregistrement AMMPS.

    Comment l’acide tranexamique agit-il sur l’apparence des taches ?

    Selon les hypothèses publiées, l’acide tranexamique limiterait l’activation de la plasmine dans l’épiderme, un signal qui participe à la production de mélanine. Une revue de la littérature parue en 2026 dans le Journal of Cosmetic Dermatology indique qu’il réduit la fixation du plasminogène sur les kératinocytes et limite l’activation de la plasmine induite par les UV.

    Dans la peau, la plasmine stimule la libération de médiateurs qui activent les mélanocytes, les cellules productrices de pigment. Selon cette hypothèse, la molécule agirait en amont de la pigmentation, ce qui la distingue des actifs qui agissent sur la tyrosinase ou sur l’exfoliation.

    Le mécanisme est un sujet de recherche, il ne se revendique pas : une allégation cosmétique se limite à l’apparence (« unifie le teint », « atténue l’apparence des taches »). Tout verbe thérapeutique est à proscrire, de même que toute mention d’une maladie de peau sur l’étiquette ou la fiche produit.

    Que disent les études sur l’acide tranexamique en usage topique ?

    Les études sur cet actif appliqué sur la peau relèvent surtout de la recherche dermatologique, et une partie concerne la voie orale ou les injections, des usages strictement médicaux.

    Quelques repères tirés de revues publiées :

    • Une revue de 2026 (AlJabr et al.) rapporte un essai randomisé en double aveugle sur 60 femmes pendant 12 semaines, qui comparait une crème à 5 % d’acide tranexamique à une crème de référence à usage médical (hydroquinone 2 %) : les deux groupes s’améliorent de façon comparable. Il s’agit d’un protocole dermatologique, pas d’une preuve cosmétique.
    • Une revue systématique de 2022 (Alsharif et al.) regroupe 9 études et 196 patients, dont seulement 3 concernent l’usage topique. Elle cite notamment l’étude de Desai : un sérum associant 3 % d’acide tranexamique, 1 % d’acide kojique et 5 % de niacinamide, testé chez 55 patients pendant 12 semaines, dans une étude mono-centre, sans groupe contrôle, sur l’hyperpigmentation post-inflammatoire.

    Cette dernière formule n’est pas un modèle à reprendre en Europe : l’acide kojique est désormais restreint. Le règlement (UE) 2024/996 l’a inscrit à l’annexe III du Règlement (CE) n° 1223/2009 (entrée 375, mentionnée dans CosIng), avec une concentration maximale de 1 % et un usage limité aux produits pour le visage et les mains.

    Ces chiffres décrivent des protocoles cliniques encadrés : une marque ne peut pas les reprendre comme preuve de l’efficacité de son propre produit. Une allégation doit s’appuyer sur des preuves adaptées au produit fini, comme l’exige le Règlement (UE) n° 655/2013 sur les critères communs des allégations. Pour aller plus loin, lisez notre article sur les allégations cosmétiques dans l’UE.

    Quelle concentration d’acide tranexamique dans un sérum ?

    Dans un sérum, l’actif est le plus souvent dosé entre 2 et 5 %, la fourchette qui revient dans les essais topiques recensés par la littérature récente. Le dosage final dépend du format, des autres actifs et des conclusions de l’évaluateur de la sécurité.

    Une concentration plus élevée n’est pas forcément le bon choix. Elle augmente le coût matière et peut compliquer la stabilité ou la tolérance, sans bénéfice établi par les sources citées.

    FormatIntérêt pour l’acide tranexamiquePoint d’attention
    Sérum aqueux ou gelFormat naturel pour un actif hydrosoluble, texture légère, dosage le plus concentré de la gammeChoisir des gélifiants compatibles avec les électrolytes et le pH de la formule
    Crème ou émulsionAssocie l’actif à des agents hydratants et à un soin quotidienVérifier la stabilité de l’émulsion avec l’actif en phase aqueuse
    Formats courants pour un soin à l’acide tranexamique

    Acide tranexamique et niacinamide : quelles associations privilégier ?

    Cet actif s’associe bien à la niacinamide, aux dérivés de vitamine C et à l’acide azélaïque, qui ciblent d’autres étapes de l’éclat du teint. L’association avec la niacinamide est la plus répandue dans les formules étudiées.

    AssociationLogique de formulationContrainte à anticiper
    Acide tranexamique + niacinamideDeux actifs hydrosolubles, faciles à réunir dans une même phase aqueuseContrôler la stabilité de la couleur et de l’odeur pendant les tests
    Avec la vitamine CCombine un actif d’éclat antioxydant et un actif d’uniformitéL’acide ascorbique pur exige un pH bas et s’oxyde ; un dérivé plus stable simplifie la formule
    Avec l’acide azélaïqueDeux approches complémentaires de l’uniformité du teintSolubilité de l’acide azélaïque et tolérance à surveiller
    Avec des filtres UVLes UV entretiennent l’apparence des taches : la protection solaire est la base de la routineUn produit avec SPF relève d’un autre niveau de tests
    Associations fréquentes avec l’acide tranexamique en cosmétique

    Une formule courte, avec deux ou trois actifs bien dosés, se stabilise plus facilement et se justifie mieux devant l’évaluateur de la sécurité. Le même raisonnement vaut pour d’autres actifs récents, comme le PDRN en cosmétique ou les exosomes.

    Comment reconnaître un sérum à l’acide tranexamique ?

    Pour reconnaître un sérum à l’acide tranexamique, cherchez la mention Tranexamic Acid dans la liste des ingrédients imprimée sur l’emballage. Quelques repères pour lire l’étiquette :

    • Les ingrédients sont listés par ordre décroissant de concentration : sa position donne une indication, pas un dosage précis.
    • Le pourcentage de l’actif n’est pas obligatoire sur l’étiquette ; une marque peut l’afficher, sans y être tenue.
    • Une protection solaire quotidienne reste indispensable.
    • Une tache qui persiste, change d’aspect ou s’accompagne d’une affection cutanée relève d’un avis médical, pas d’un cosmétique.
    • L’acide tranexamique en comprimés est un médicament, pas un cosmétique.

    Comment formuler un sérum à l’acide tranexamique stable ?

    Pour formuler un sérum stable, il faut intégrer la molécule en phase aqueuse, fixer un pH compatible avec tous les ingrédients, puis valider l’ensemble par des tests de stabilité et de compatibilité avec l’emballage. Le pH est la mesure d’acidité de la formule ; il conditionne sa stabilité et sa tolérance.

    1. Rédiger le brief : public visé, texture, allégations souhaitées, positionnement et marchés de vente (UE, Maroc, export).
    2. Choisir le dosage et les associations en s’appuyant sur la littérature et sur le statut réglementaire de chaque ingrédient.
    3. Fixer le pH de la formule en fonction de l’actif le plus exigeant (par exemple une vitamine C) et de la tolérance cutanée.
    4. Sélectionner le système conservateur et vérifier son efficacité par un challenge test.
    5. Lancer les tests de stabilité à différentes températures, et de compatibilité avec le flacon, la pipette ou la pompe retenus.
    6. Constituer le dossier : évaluation de la sécurité, preuves des allégations, étiquetage et notification sur les marchés visés.

    Les tests de stabilité et le contrôle qualité sont décrits dans notre article sur les tests de qualité d’un cosmétique.

    Le point de vue du fabricant

    Carmel Cosmetics Labs est un laboratoire et fabricant cosmétique basé à Agadir, certifié ISO 22716 (bonnes pratiques de fabrication cosmétiques) et ISO 9001. Il a accompagné plus de 500 marques dans plus de 35 pays, en marque blanche, en private label et en sous-traitance, avec des formules conçues pour le Règlement (CE) n° 1223/2009 et, pour l’export américain, les exigences de la FDA. Sur un sérum « teint uniforme », quelques réflexes font la différence :

    • Penser allégations dès le brief. Une promesse cosmétique posée dès le départ évite de réécrire l’étiquette et les visuels en fin de projet.
    • Ne pas copier le pourcentage d’un concurrent. Afficher « 5 % » n’a de sens que si la formule entière est stable, tolérée et justifiable.
    • Vérifier chaque ingrédient associé. Un actif secondaire peut être restreint, comme l’acide kojique dans l’UE : le statut se contrôle ingrédient par ingrédient, marché par marché.

    Pour cadrer ces points avant le développement, un cahier des charges cosmétique reste l’outil le plus utile, et notre accompagnement réglementaire aide à préparer le dossier. Notre laboratoire dermocosmétique peut développer une formule exclusive en private label, ou partir d’une base existante issue de notre catalogue de produits personnalisables, en marque blanche avec un MOQ accessible. Pour un premier projet, voir notre guide pour créer sa marque de cosmétique détaille les étapes.

    Questions fréquentes

    Comment lire l’INCI d’un sérum ?

    La liste INCI donne les ingrédients sous leur nom international, du plus concentré au moins concentré. Selon l’article 19 du Règlement (CE) n° 1223/2009, les ingrédients présents à moins de 1 % peuvent toutefois être cités dans n’importe quel ordre après les autres. Les nanomatériaux sont signalés par la mention « nano » entre crochets.

    L’acide tranexamique se combine-t-il avec la vitamine C ?

    L’association est courante dans les soins pour l’éclat du teint, mais les revues citées dans cet article ne rapportent pas d’essai qui évalue cette combinaison en application topique. La difficulté est surtout technique : l’acide ascorbique pur demande un pH bas et s’oxyde facilement, alors que certains dérivés de vitamine C sont plus stables. La compatibilité se valide par des tests de stabilité sur la formule complète.

    Peut-on utiliser un sérum à l’acide tranexamique tous les jours ?

    Dans les essais topiques recensés par la revue de 2026, l’actif est le plus souvent appliqué deux fois par jour, avec des irritations légères occasionnelles. Pour un produit cosmétique, la fréquence d’utilisation est fixée par le fabricant à partir des tests de tolérance et de l’évaluation de la sécurité. Une protection solaire quotidienne reste recommandée en complément.

    L’acide tranexamique convient-il aux peaux sensibles ?

    Les revues de la littérature rapportent en application topique des effets indésirables le plus souvent légers : irritation, sécheresse ou picotements. La tolérance d’un produit dépend toutefois de la formule complète (pH, parfum, autres actifs, conservateurs). Pour une gamme destinée aux peaux sensibles, des tests de tolérance sous contrôle dermatologique sont recommandés.

    Conclusion : un actif à formuler avec rigueur

    L’acide tranexamique est un actif hydrosoluble, très étudié en dermatologie, dont la tolérance dans un produit fini se juge sur la formule complète. Ses dosages étudiés se situent entre 2 et 5 %, dans un cadre souvent médical : la réussite d’un soin cosmétique tient autant à la stabilité de la formule qu’à la justesse des allégations.

    Vous préparez un sérum ou une gamme à l’acide tranexamique ? Demandez un devis à notre laboratoire ou découvrez notre approche de la formulation.

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    Mohamed El HjoujiFondateur de Carmel Cosmetics Labs

    Mohamed El Hjouji est le fondateur de Carmel Cosmetics Labs, laboratoire cosmétique basé à Agadir (Maroc), certifié ISO 22716 (BPF) et ISO 9001. Spécialisé dans la fabrication en marque blanche et private label, il accompagne plus de 500 marques de beauté dans plus de 35 pays, de la formulation à la production conforme aux réglementations européenne (CE 1223/2009) et américaine (FDA).

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